Les enfants dans la lune provoquent l’irritation des enseignants. Pour leurs parents, c’est d’abord un grand mystère et une interrogation de tous les jours. Comment gérer cet étonnant comportement ?Qu’est-ce qui fait qu’un enfant « n’est pas là », « dans la Lune », « inscrit aux abonnés absents », « ailleurs » ?
L’enfant qui vit dans sa bulle semble donc avoir trouvé refuge et avec toute sa candeur, s’être unilatéralement autorisé à ne pas participer à des réalités pourtant obligatoires (vu du point de vue des parents !) : l’école, le dîner en famille, et parfois même les copains à la maison.

Cette stratégie d’évitement n’est pas forcément « contre » les autres. Non, le besoin de penser par soi-même, de vivre dans l’imagination, collé au plafond de ses propres histoires plutôt que contraint par la réalité et ses semelles de plomb.
Pas facile pour les parents : une telle attitude laisse présager une belle capacité de créativité. Pourquoi la casser ? Mais c’est aussi un véritable handicap social : comment les aider à revenir dans la partie. Ecouter. Participer.

Il n’y a pas de solution toute faite : mais j’ouvre juste une porte…

  • Essayer de pratiquer avec son enfant un repositionnement.
  • Lui apprendre à « ne pas partir dans la Lune ».
  • Pratiquer avec lui le « Ici et maintenant » : « Tu fais telle action, là, ici maintenant, on se concentre ensemble ». C’est très difficile au début mais cela peut être un chemin.

Lui conseiller, aussi, de se construire des astuces pour rester accroché au sol, à la réalité.

  • « Dès que tu sens ton esprit vagabonder, essaie de te poser la question :
  • « la maîtresse, elle est habillée en quelles couleurs ? Elle vient de dire quoi exactement ? »

Mais là réside tout le problème : cet instant magique et fascinant (mais pas drôle du tout) où ils switchent vers la Lune est difficile à détecter et à dompter.

En tout cas, ils ont besoin de notre aide !
Car un enfant dans la Lune est bien obligé d’atterrir, secoué par les adultes qui s’impatientent. Et là, voyageur sans billet, l’enfant lunaire se sent illégitime, décalé, pris en faute, pas au courant de ce qui vient de se passer. Son stress est total. Ce n’est donc pas un sujet à laisser en suspens. (Vos commentaires et partages d’expérience concernant ce sujet sont les bienvenus).

à lire aussi : la question de la précocité

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Comments
  1. Luce dit :

    Ce qui confirme aussi qu’un enfant qui se trouve confronté à l’erreur voir l’échec va par ses détours et les adaptations, les remises en questions mettre en place des stratégies et des énergies qui lui rendront service plus tard / mieux se connaitre, ecoute et attentions aux souffrances ou difficultés des autres… Courage, tenacité….
    POSITIVONS les échecs ! sans pour autantles nier ni les contourner! savant dosage que seule l’expérience permet de manager!

    1. Anne Leguy dit :

      Merci Luce… reste la question de la cohérence des adultes (les parents mais aussi les enseignants) quand un pb surgit. Une mauvaise note, les parents ne savent pas toujours la gérer avec l’enfant ; pas du tout la gérer avec l’enseignant. L’enseignant n’a pas toujours le temps de l’expliquer à l’enfant, encore moins aux parents. La mauvaise note est finalement une bille de flipper très révélatrice… 🙂

  2. Anne Leguy dit :

    Ce qui confirme aussi qu’un enfant qui se trouve confronté à l’erreur voir l’échec va par ses détours et les adaptations, les remises en questions mettre en place des stratégies et des énergies qui lui rendront service plus tard / mieux se connaitre, ecoute et attentions aux souffrances ou difficultés des autres… Courage, tenacité….
    POSITIVONS les échecs ! sans pour autant les nier ni les contourner! savant dosage que seule l’expérience permet de manager!

  3. pruchon dit :

    Complètement d’accord avec vous, venant d’expérimenter cette attitude positive et constructive pour l’enfant avec ma fille il y a 2jours. j’étais un petit peu dans le doute de ce que j’avançais et je viens de lire votre texte sur la mauvaise note. cela confirme le bien fondé de ma position. merci beaucoup patricia

    1. Anne Leguy dit :

      Merci de ce commentaire. J’ai écrit ce texte « au fil du clavier », mais à la réflexion il est central : notre « attitude » a beaucoup d’importance en éducation car l’enfant se positionne relativement à nous (qui sommes sa référence première). Dans ce monde mouvant, brutal, peu solidaire, il est en effet fondamental de les préparer à « faire face » quand on a des problèmes. C’est moins simple à faire qu’à dire… Bonne continuation et, je l’espère, bonne lecture de mes articles…

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